Balade patrimoniale en médecine, pharmacie et sciences biomédicales

Médecin suisse du siècle des Lumières, Samuel Tissot a marqué l’histoire de la médecine, notamment, par la rédaction de plusieurs ouvrages dont un Avis au peuple sur sa santé.

Tel l’écho (pas si) lointain de l’écoulement de la rivière depuis sa source, cet Avis au peuple sur sa santé charrie jusqu’à notre époque des concepts en perpétuels débats et ajustements.

L’acte médical serait non-solitaire, il s’inscrit dans une démarche communicante avec les différents acteurs du système de santé. Le titre de l’ouvrage parle de lui-même, l’objectif est d’informer principalement les habitants de la campagne (« cette partie du peuple la plus nombreuse et la plus utile de l’humanité ») sur leur santé et leurs éventuelles maladies. L’idée est de former des personnes relais (« des personnes intelligentes et charitables de la campagne ») qui pourront prendre en charge les personnes malades qui ne sont pas en mesure, par l’éloignement géographique notamment, de disposer des conseils d’un médecin.

Le patient serait lui-même acteur de ce réseau de soins. Samuel Tissot interroge la relation médecin/patient, entre une vision très paternaliste du médecin et une vision de partenariat égalitaire : la relation serait plutôt inscrite dans un dialogue, où le plus souvent le médecin aurait le dernier mot. D’autre part, Tissot établit, comme d’autres médecins du XVIe au XIXe siècle, un dialogue médical épistolaire avec ses patients. Ils ouvrent la voie aux téléconsultations dans notre réseau de santé actuel.

L’avis de Samuel Tissot concerne la santé puis les maladies. C’est à nouveau un concept qui traverse les âges de la médecine : la prévention, d’abord et avant tout. Elle est d’ailleurs l’objet de son premier chapitre.

Les chapitres suivants traitent d’entités pathologiques classées sous l’angle de la clinique. S’il est vrai que d’un point de vue mécanistique et par conséquent thérapeutique, l’Avis au peuple sur sa santé montre bien des erreurs et approximations, liées au développement des sciences et technologies médicales de l’époque, il n’a rien à envier au XXIe siècle concernant la richesse du langage en général et du langage clinique en particulier. L’ouvrage regorge de descriptions précises, détaillées et documentées (Tissot tracerait la route de la médecine factuelle) des symptômes et signes cliniques.

La lecture de cet ouvrage est l’occasion de se souvenir combien les découvertes capitales pour la pratique médicale actuelle (en microbiologie, en biologie cellulaire et moléculaire etc.) sont récentes, technodépendantes et permises par les acquis et leurs remises en question de ceux qui nous ont précédés.


Caroline Canon

Avis au peuple sur sa santé, ou Traité des maladies les plus fréquentes. Volume 1

Éditeur(s):
aux dépens de P. Fr. Didot le jeune (A Paris)

Description physique : 2 v. (XLV, 3, 231, 1 bl. p. ; 233-564 p.) ; 12°

Type : Livre
Date : 1765
Langue : Français

Droits : PublicDomain
Droits d'accès : OpenAccess
Détenteur des droits : UNamur - Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin (Namur)
Cote de rangement BUMP : SJA.8.0746


Notes
1765 (tome 1) et 1764 (tome 2).
État matériel : T.I : papier de couverture fendu et lacunaire sur le dos, coins inférieurs intérieurs des plats amputés ; T.II : papier de couverture lacunaire sur les extrémités du dos.
Provenance : Cachets inventaire Bibl. Dom. S.I. Eegenhoven IHS.