Antiquité de papier : Perception de l'Antiquité aux Temps Modernes

Collection

Antiquité est morte, vive l’Antiquité ! Voilà une paraphrase qui résume à souhait la thématique au centre de l’exposition et du catalogue « L’Antiquité de papier. Le livre d’art, témoin exceptionnel de la frénésie de savoir (XVIe - XIXe siècles) » : on croyait la page tournée, après la fin de l’Empire romain, et l’époque révolue, mais les modèles, les héritages, les sources d’inspiration antiques ont perduré et ont resurgi, avec vigueur, durant les XVIe, XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles. C’est dire la force et le poids de cette tradition classique dans notre culture européenne. Les Réserves précieuses des bibliothèques de l’Université de Namur – la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (BUMP) et la Bibliothèque du Centre de Documentation et de Recherche religieuses (CDRR) – offrent de superbes témoignages de la réception de cette antiquité classique par les auteurs de la Renaissance, ainsi que ceux des siècles suivants. Leurs collections conjointes – constituant qualitativement et quantitativement la plus importante Réserve précieuse universitaire en Communauté française de Belgique – permettent non seulement la mise en évidence de la connaissance qu’avaient les Modernes de l’Antiquité grecque et romaine, mais aussi de la représentation, parfois imaginaire et fantasmée, qu’ils se faisaient de cette époque ancienne. En ce sens, le travail réalisé pour l’exposition n’est pas une simple « mise sous vitrine », il est également une œuvre de critique iconographique, littéraire et historique, correspondant ainsi parfaitement au rôle attendu des bibliothèques et départements universitaires.

La dimension spécifiquement universitaire de l’exposition est aussi présente dans l’articulation de ce projet ambitieux mené par Michel Lefftz, professeur et directeur du Département d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, impliquant tant des spécialistes confirmés, que de jeunes chercheurs et des étudiants du cours de Muséologie. Voilà une excellente illustration des liens forts qui existent entre l’enseignement et la recherche – et auxquels l’Université de Namur croit intensément –, l’un et l’autre se nourrissant mutuellement dans une dynamique créative et scientifique. C’est enfin une belle réalisation collective, au cœur du nouveau Groupe de recherches « Acanthum – Traces matérielles, création et patrimoine », où se retrouvent historiens de l’art, archéologues et historiens.

Les ouvrages présentés ont été choisis et restaurés avec soin et professionnalisme par l’Atelier de restauration de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin. Leur intérêt scientifique, leurs caractéristiques esthétiques, leur rareté, justifient l’attention qui leur est accordée. L’écrin où prend place ce parcours livresque est la salle de Limminghe de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin. Fondée en 1979, grâce au soutien de la famille Moretus Plantin, qui, aujourd’hui encore contribue à faire de la Réserve précieuse un véritable fleuron dans le paysage scientifique et bibliophilique.


Isabelle Parmentier


Texte extrait du catalogue de l'exposition (en vente aux Presses universitaires de Namur)