Fonds Gréban

Collection

Né en 1881 à Branchon, Félix Gréban de Saint-Germain était passionné de photographie. Résidant dans le château Gréban construit par son père à Branchon au début des années 1910, de nombreux clichés témoignent de sa vie familiale mais également de la vie et des mœurs de ses pairs. Curieux de nature, il s’intéressait aussi à la mécanique et au jardinage. À la fin de la Première Guerre Mondiale, il a formé des mécaniciens dans le garage du château afin de partager ses connaissances en la matière.

À cette époque, le matériel photographique était à ses débuts. Les appareils photos étaient lourds et ne permettaient pas autant de réglages que les appareils modernes. Le temps de pose était long et demandait au modèle de rester immobile plusieurs secondes, c’est pourquoi les clichés ne sont que rarement les témoins de scènes en mouvement.

En 1871, Richard Leax Maddox met au point le procédé au gélatino-bromure d’argent. Une plaque de verre est enduite de gélatine dans laquelle une émulsion argentique est en suspension. Les plaques ainsi fabriquées peuvent être conservées longtemps et sont fabriquées de manière industrielle. Cela révolutionne la photographie. Le procédé utilisé jusqu’alors, le collodion humide, demandait une préparation de plaques au dernier moment puisque l’émulsion ne devait pas sécher pour être sensible à la lumière. Les plaques sèches manufacturées permettent ainsi la diffusion de la photographie jusqu’aux cercles d’amateurs. Le développement des films plastiques en nitrate de cellulose par Kodak dès la fin du XIXè siècle – puis en acétate de cellulose, plus stables, à partir des années 1920 – permet encore d’étendre les possibilités avec des appareils plus légers et plus maniables.

Félix Gréban de Saint-Germain est décédé en 1950, léguant sa collection de négatifs à son fils Willy, lui-même photographe. Ce sont ses annotations que l’on retrouve sur les pochettes d’origine des plaques et il a quelques fois procédé à des duplications de négatifs sur des supports modernes afin de prolonger la durée de vie de l’image, les originaux étant fragiles et sujets à des dégradations chimiques. Les négatifs ont finalement été acquis en 2017 par la bibliothèque universitaire Moretus Plantin.