Albert 1er en images

Collection

La carte postale, une source iconographique incontournable de la vie et du règne du Roi Albert Ier

La carte postale illustrée connaît dès la fin du XIXe siècle un succès sans cesse croissant. Son usage constitue un débouché important pour de nombreux photographes de talent et éditeurs qui démocratisent ainsi l’accès à l’image aux sujets très variés. La carte-vue va contribuer largement à faire connaître un jeune prince jusqu’alors méconnu du grand public : le prince Albert de Belgique, destiné à accéder un jour à la fonction royale. A partir de 1900, année de son mariage avec la ravissante duchesse Elisabeth de Bavière, le thème de la famille princière est largement abordé dans tous ses aspects tels que les joyeuses entrées du jeune couple dans les chefs-lieux de province, les naissances successives de Léopold, Charles et Marie-José, le 75e anniversaire de l’indépendance de la Belgique, les scènes familiales au caractère bourgeois et les visites officielles en Belgique et au Congo. La carte postale constitue une source iconographique appréciable témoignant d’une popularité croissante d’un jeune couple sympathique, tout en contraste avec l’austère Léopold II, objet de controverses tant politiques que privées.

L’avènement du roi, les visites d’état à l’étranger et leurs réciprocités, les joyeuses entrées du couple royal donnent lieu à la publication de nombreuses cartes-vues. La multiplicité des séries représente souvent de véritables reportages photographiques.

Au début du conflit, le roi Albert fait l’objet de cartes postales allemandes satiriques le représentant comme vaincu, sort réservé à celui qui a opposé un refus à l’ultimatum allemand. Avec dérision, Belges, Français et Anglais opposent à la caricature allemande l’image de l’empereur Guillaume II se heurtant dès la frontière à la résistance d’un petit pays dont la neutralité a été violée sans vergogne. Albert Ier personnifie très vite la Belgique courageuse et vaillante dont il est l’âme et le héros.

Jusqu’au début de 1915, les photos d’Albert Ier en campagne sont rares. A défaut, certains éditeurs recourent à des photos du temps de paix accompagnées de légendes et poèmes glorifiant l’attitude du souverain. Leur distribution sur le territoire belge en temps de guerre se révèle être un acte de résistance face à l’occupant allemand. Elles connaissent une large diffusion grâce à la carte postale et contribuent au mythe du Roi-Chevalier et du Roi-Soldat partageant le sort de son armée.

Après la Grande Guerre, la large diffusion de magazines désormais abondamment illustrés tels que Le Patriote illustré ou Le Soir Illustré, conduit à une production moins importante de cartes-vues. La disparition tragique du Roi Albert Ier à Marche-les-Dames le 17 février 1934 donne lieu toutefois à une abondante édition de cartes postales et de souvenirs mortuaires, reflets de l’émotion incommensurable suscitée par sa disparition inopinée.

En parcourant la collection, on notera l’évolution de la physionomie royale en quatre ans de guerre. Son visage porte les stigmates d’une période de lourdes responsabilités.

L’image d’un roi, tout auréolé de sa conduite pendant le conflit, a fait également son apparition dans plusieurs séries de chromos diffusés à des fins publicitaires.

En mettant leurs collections à la disposition du grand public, Patrick Hilgers et Vincent Scarniet souhaitent contribuer à la documentation d’une page importante de l’Histoire de la Belgique. Il est demandé, en cas d’utilisation, d’en citer la source par courtoisie.