Inaugurations 1931/1935 et presse locale

« La gloire de notre ville »

L’installation de la bibliothèque Moretus à Namur est d’abord discrète et c’est grâce à un article du quotidien anversois La Métropole, repris dans Vers l’Avenir le 3 janvier 1927, que les habitants de la ville en sont informés. « C’est un nouveau fleuron à ajouter à la couronne intellectuelle déjà si glorieuse de la compagnie de Jésus. »

Quatre ans plus tard, l’enfant a grandi. Vu la popularité du Roi, la visite d’Albert 1er aux Facultés, le 1er juin 1931, est un événement. L’inauguration de la Bibliothèque des Belles lettres fait partie du programme. La Meuse, L’Avenir du Luxembourg, Le Soir, Le Vingtième Siècle relatent cette journée faste avec enthousiasme. Principal quotidien namurois, défenseur de toutes les institutions catholiques, Vers l’Avenir est le plus prolixe. « Gloire aux Jésuites », titre le directeur René Delforge. « Et je vous souhaite, pour le bonheur de mon pays, que vous poursuiviez toujours votre grande œuvre d’éducation. »

Bain de foule, discours et banquet focalisent l’attention. Le journal revient ensuite plus précisément sur la description de ce nouveau bâtiment de la rue Grafé. Le Père Léopold Willaert explique l’objectif : à côté des grandes bibliothèques d’universités, offrir aux professeurs d’humanités un lieu où perfectionner leur outillage scientifique.

Nouvelle inauguration de locaux, le 25 mai 1935, en même temps que la faculté des sciences. Le journal namurois est admiratif : collections d’une richesse incalculable, ascenseur, équipement électrique, … Il rappelle l’origine de l’établissement, « fondé en Wallonie par un Flamand, magnifique symbole d’union entre tous les Belges. » Puis précise : « La bibliothèque Moretus-Plantin n’est pas un colombaire de cerveaux morts, mais une inépuisable semence de vie intellectuelle. »

Trois mois plus tôt (les 28 février et 7 mars 1935), les lecteurs de Vers l’Avenir ont pu, grâce à deux articles dithyrambiques de Jules Tellier, parcourir le lieu, guidés par Henri Moretus. « Notre bibliothèque renseigne sur tout, excepté sur les sciences : c’est le royaume des Arts et Belles-Lettres ». Le reportage aligne les chiffres, longueur des rayons, nombre et poids des livres, et s’arrête sur quelques raretés : ouvrages d’histoire, cartes et atlas, estampes, enluminures… « Voila trois heures que je foule les multiples déambulatoires de ces nefs immenses », raconte le journaliste, qui conclut : « La Bibliothèque Moretus Plantin est la gloire de notre ville, comme l’est notre musée archéologique ».

Jean-François Pacco