Cet ouvrage précieux constitue la plus belle œuvre de Gerard De Kremer, dit Mercator (1512-1594), mathématicien, cartographe, graveur, fabricant de globes et d’instruments, mais aussi philosophe et théologien qui a révolutionné la cartographie. Déjà considéré par ses contemporains comme un scientifique remarquable, il est aujourd’hui encore perçu comme une référence culturelle et historique.

S’intéressant davantage au ciel qu’à la terre, c’est Mercator qui baptisa involontairement les « atlas », avec son propre ouvrage, intitulé Atlas sive Cosmographicae meditationes de fabrica mundi. Atlas était le nom d’un roi mythique de Lybie (Mauritanie), fils du Ciel et de la Terre, qui aurait conçu le premier globe céleste et qui était un modèle pour Mercator. Il fut confondu par la suite avec le géant de la mythologie grecque condamné par Zeus à porter le ciel sur ses épaules. Un peu plus tard, pour plus de cohérence, la voûte céleste fut changée en globe terrestre.

Cet ouvrage précieux est impressionnant par sa taille et son volume mais également surprenant par son contenu. Il débute avec « le livre de la création & fabrique du monde » et un « portait de la Terre universelle », on y découvre ensuite les cartes avec émotion. Toutes les parties du monde connues à cette époque y sont représentées, avec un nombre inégal de cartes par région et un niveau des détails variable. La précision des contours des côtes est remarquable. On observe également la présence de zones de sécheresse, de forêts, villages, forteresses ou lacs intérieurs sur les différents territoires. Mercator ne considérait pas son Atlas comme un ouvrage indépendant, mais comme un des éléments d’une représentation complète du monde. Il a réalisé cette œuvre dans le but de montrer tous les aspects de la Création, de la description du Ciel et de la Terre, et de leur histoire.

Une des principales sources d’inspiration de Mercator est l’œuvre de Ptolémée. Les travaux de Mercator se basent sur les travaux d’autres géographes, antérieurs et contemporains. Cependant, c’est son nom qui s’imposera dans la mémoire collective, plus que celui de Sgrooten par exemple. L’imprimerie a certainement joué un rôle important, son œuvre a été largement diffusée là où celle manuscrite des autres géographes est restée limitée à une très petite audience.


Florence De Longueville

Gerardi Mercatoris Atlas sive Cosmographicae meditationes de fabrica mundi et fabricati figura

Éditeur(s):
sumptibus & typis aeneis Judoci Hondii (Amsterdam)

Description physique :
[16], 1-126, [2], 127-152, 151-188, [2], 189-218, [2], 219-284, [2], 378, [38] p., [156] pl. col. ; 2°
Sig.: []3, *, **2, ***, A4-B4, C8, [], E2-3O2, 3O2, 3P-3R2, 3S, 3T-4I2, [], 4K-4Y2, [], 4Z-6G2, []

Type : Livre
Date : 1619
Langue : Latin

Droits : PublicDomain
Droits d'accès : OpenAccess
Détenteur des droits : UNamur - Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin (Namur)
Cote de rangement BUMP : R17D0010