Une lettre inédite

[Lettre autographe signée Christophe Plantin adressée à Jan Moretus, datée du 18 novembre 1586]

La poursuite de l’officina Plantiniana. Une lettre inédite de Christophe Plantin à Jan Moretus

1. La correspondance de Christophe Plantin

Comme les recherches considérables sur Christophe Plantin et sur son entreprise typographique l’attestent, la correspondance de cet imprimeur, éditeur et libraire est une source particulièrement précieuse et abondante pour qui souhaite mieux comprendre l’histoire du livre de la Renaissance dans les anciens Pays-Bas. L’édition qui sert habituellement de base pour ces recherches est celle éditée en neuf volumes par Max Rooses, le premier conservateur du Musée Plantin-Moretus à Anvers, et son successeur Jan Denucé, entre 1883 et 1920.1 Comme Maurice Van Durme le signala plus tard, Jan Denucé avait mentionné dans le dernier volume de la Correspondance qu’un « grand nombre de documents tout aussi intéressants que ceux du Musée Plantin reposaient épars dans d’autres dépôts nationaux ou étrangers. »2 C’est la raison pour laquelle Van Durme publia en 1955 un Supplément à la correspondance de Christophe Plantin. Par des recherches dans les archives du monde entier, il était en effet parvenu à découvrir « 289 pièces, conservées à Simancas, Besançon, Rome, Erlangen, Vienne, Munich, Leyde, La Haye, Brême, Anvers, Bruxelles, Londres, Paris, Wroclaw (Breslau), New York, Oxford, Cambridge (Massachusetts), et dont à peu près les cinq sixièmes non publiés dans la Correspondance de Christophe Plantin. »3 Parmi ces pièces figurent de nombreuses lettres qui complètent les échanges épistolaires particulièrement intenses que Plantin mena avec le cardinal Antoine Perrenot de Granvelle et Gabriel de Çayas, qui furent tous deux ses protecteurs.

Face à ces dix volumes, la présence d’une lettre inédite de Christophe Plantin – qui plus est, à son beau-fils Jan Moretus – semble donc, de prime abord, inouïe. Or la lettre présentée dans le cadre de l’exposition Christophe Plantin. Un homme de caractère(s) à la Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin de l’Université de Namur ne figure ni dans les volumes publiés par Rooses et Denucé, ni dans le Supplément publié par Van Durme. Il n’empêche que plusieurs lettres de la famille Plantin-Moretus furent redécouvertes et éditées récemment, c’est par exemple le cas d’une lettre de Thomas Stapleton à Jan Moretus4 ainsi que d’une lettre de Nicolaas Oudaert à Christophe Plantin.5

Les recherches menées pour retracer l’historique de la lettre de Plantin à Moretus du 18 novembre 1586 semblent attester qu’il s’agit d’une des lettres que Ferdinand de Renette, le beau-fils d’Edouard Moretus (1804-1880), avait pu sélectionner dans la correspondance, en remerciement pour l’aide apportée au classement des documents de la maison Plantin-Moretus au moment où le Compas d’Or fut racheté par la ville d’Anvers. En 1876, la maison du Compas d’Or et les archives de la maison Plantin-Moretus passèrent en effet du domaine privé au domaine public. À partir de 1874, Ferdinand de Renette aida à classer tous les documents de l’officina Plantiniana.6 Dans l’actuel inventaire des archives du Musée Plantin-Moretus, les informations au sujet des lettres sélectionnées par le Baron de Renette sont les suivantes. Elles concernent les dossiers n° 95 et n° 95bis :

Diverse [sic] langues, n° 95. Recueil de lettres Renette.
Lettres et papiers concernant la famille Plantin-Moretus et l’officine Plantinienne, en possession du général Baron de Renette Moretus1, copiés ou résumés par Max Rooses en 1881-1882. Table de matières à la fin (482 numéros). Registre de 329 pages, 380 x 240 mill. Rel. parch. mod. Au dos, en noir : Brieven toebehoorende aan B° de Renette.
1En reconnaissance de services rendus à la famille Moretus, le Baron de Renette avait pu faire un choix dans la correspondance de Plantin-Moretus avant que les collections fussent acquises par la ville d’Anvers.

N° 95bis.
Selectie van brieven van leden van de families Plantijn en Moretus (1571-1672)
Ferdinand de Renette, schoonzoon van Edward Moretus, selecteerde in 1874 ten minste 473 autografe documenten van elk familielid uit het archief om blijvend in de familie te bewaren (cfr. N° 95). Slechts 95 van deze archiefstukken zijn naderhand door het Museum Plantin-Moretus verworven.7

Le dossier n° 95 fait référence aux copies que Max Rooses fit des lettres sélectionnées par Ferdinand de Renette (il s’agirait d’au moins 473 lettres). D’après Dirk Sacré et Jeannine De Landtsheer, Rooses ne recopia pas toutes les lettres, celles-ci ne valant à son avis pas toutes la peine d’être recopiées.8 À la mort de Ferdinand de Renette en 1947, la collection de lettres fut éparpillée dans différentes collections privées. 275 pièces furent ensuite acquises par la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) en 1973. Il s’agit du dossier Ms. III 1483.9 Certaines autres lettres (95 en tout) ont pu être acquises par le Musée Plantin-Moretus depuis 1996, mais comme le souligne Dirk Imhof, il s’agit toutefois de recherches qui sont toujours en cours.10 L’inventaire et le catalogue en ligne du Musée Plantin-Moretus mentionnent deux achats en 1996, un achat en 2006 et un autre en 2015.11 D’après les informations dont nous disposons, la lettre étudiée dans le cadre de cet article aurait fait partie de la sélection de Ferdinand de Renette et serait réapparue en 1996. On constate que cette date coïncide avec celle des premiers achats du Musée Plantin-Moretus, ce qui confirme qu’il doit s’agir de l’une des nombreuses lettres dont on a perdu la trace depuis 1947. Des recherches plus approfondies en collaboration avec le Musée Plantin-Moretus seraient néanmoins souhaitables pour préciser le périple de cette lettre.

2. Contexte de la lettre

Alors que la correspondance de Christophe Plantin comprend de très nombreuses lettres d’ordre commercial, la lettre dont il est question ici est clairement personnelle. Sa rareté tient aussi à ce caractère tout à fait privé. Elle est écrite à son beau-fils Jan Moretus à un moment où Plantin sent qu’il touche à sa fin – il a en effet 66 ans. Un an auparavant, il était revenu de Leyde où il avait vécu deux ans, quand Anvers était encore gouvernée par les calvinistes. Au niveau de la production de l’imprimerie, l’année 1586 est une année plutôt creuse. Même si l’entreprise typographique n’a plus la taille et ne produit plus autant que pendant les années de gloire, Plantin reste cependant actif et poursuit son travail avec environ trois presses (par rapport à 16 en 1574, six en 1585 et six en 158712 ). Depuis de nombreuses années déjà, Jan Moretus, qui avait épousé en 1570 la deuxième fille de Plantin nommée Martine, travaille pour l’entreprise à Anvers et en gère la « boutique »13. Au moment où Plantin écrit cette lettre, il est d’ores et déjà prévu que Moretus prenne les rênes de l’imprimerie à Anvers, la succursale de Leyde étant dans les mains de son autre beau-fils, le philologue Franciscus Raphelengius. À la lecture des lettres de la même période adressées par exemple à Juste Lipse, à Nicolaas Oudaert ou à Gabriel de Çayas, on constate que Plantin ne délaisse aucunement son travail. La lettre du 25 décembre 1586 à Çayas se termine pourtant par des allusions à « une maladie vehemente » qui l’empêche d’écrire lui-même la lettre :

Quant est d’envoyer pour sa Majesté de tout ce que j’imprime je ne fay rien plus volontiers que cela, mais je crains que tout ce que j’envoye et pourray envoyer ne soit pas tousjours bien addressé veu que je n’en reçoy aucun certain advertissement, comme mesmes du Breviaire in 4° dernierement envoyé a deux fois a Don Bernardino de Mendoza pour l’envoyer. Si est-ce que je continueray tousjours tant qu’il plaira a Dieu m’en donner le moyen. J’espere d’achever dedans huict jours Missale in folio : que j’envoyeray incontinent aussi : comme autres livres que j’ay faisant a la journee et ce par toutes les commodités que pourray avoir. Une maladie vehemente laquelle m’a saisi durant ces froidures m’a contrainct de dicter la presente. Suppliant V. S. de m’excuser mesmes envers Monsigr Montanus a qui m’a aussi esté impossible de respondre presentement ce que j’espere faire par le premier, priant Dieu maintenir V. S. en sa saincte garde.14

La maladie évoquée dans cette lettre fait écho à la faiblesse et aux douleurs dont parle Plantin dans notre lettre du 18 novembre 1586. Celle-ci semble avoir été écrite dans un moment de réelle tourmente, de peur face à la mort paraissant imminente – en témoigne notamment la syntaxe heurtée, voire incorrecte. Le but de la lettre à Jan Moretus semble être de prendre des nouvelles de son beau-fils (est-il bien arrivé à Bruxelles ?) et de lui rappeler à quel point l’obtention de l’ « admission a ma sucession audit art dimprimerie et librairie » est désormais urgente. Une lettre à Arias Montano du 23 décembre 1586, donc un mois plus tard, évoque à nouveau la mort, mais aussi l’« admission » qui semble entre-temps garantie : « Moretus te salutat toto corde quo sincerus et candidus est semper. Illum libentissime viderem admissum Impressorem et Bibliopolam meo loco antequam haec mortalis vita cursum in sursum absolvat uti indies magis ac magis brevi futurum video. »15

Deux mois plus tard, le 27 février 1587, Jan Moretus obtiendra en effet l’admission dont il est question dans la lettre : cette autorisation royale lui permettait de prendre directement la direction de l’officina Plantiniana dans le cas d’une mort soudaine de Plantin.16 Le 6 août 1586, Jan Moretus avait par ailleurs déjà été accepté comme imprimeur à la guilde de Saint Luc.17

Replacée dans son contexte, cette lettre est un témoignage émouvant de l’importance que Plantin accorde à son travail (malgré les douleurs ressenties), à ses échanges avec des connaissances et amis de longue date mais aussi et surtout à la poursuite de l’imprimerie après sa mort.

3. Transcription de la lettre et commentaire

Lettre autographe de Christophe Plantin à Jan Moretus, 18 novembre 1586

Transcription

Jehan i’ay grand desir de scavoir coment vous estes arrive a Bruxelles et quel conseil vous ont done les bons amis Car dautant que de iour a autre ie me trouve faible de plus en plus et subiect a subits accidents mesmes de flegmes survenants a la fois quand moins on le pense qui a la fois me contraignent de telle sorte que ie ne puis respirer de sorte que ie me trouve souvent presque a rendre lesprit par quelque suffocation come il m’est survenu encore ceste nuict passee sur les deux heures, et ceiourdhuy de iour environ les 10.heures que ie pensois bien passer de ceste presente vie a leternelle Parquoy ie desire grandement que pour le soulagement des nostres et continuation de ceste Imprimerie pardeca vous puysies obtenir ladmission dece pour puis apres pouvoir poursuivre ce que iay comencé et iusques a present continué selon ma puissance et don de Dieu au faict de l’imprimerie et vente de livres avant mon trespas qui me sera dautāt plus leger que ie vous verray promueu de ladite [abrégé dans le manuscrit] admission a ma succession audit [abrégé dans le manuscrit] art dimprimerie et librairie Ce qui me faict vous ordoner que faictes tout debvoir et diligence de les obtenir avant que de retourner ou bien pour le moins de scavoir les certains moyens de lavoir cy apres Cependant ie prie dieu vous continuer ses graces me recomandant aux vostres et de tous les amis de nostre Imprimerie ce 18. jour de Novembre 1586.

Vostre beau pere et vray amy
C Plantin
 

A mon gendre
Jehan Mourentorf loge
De present en berghestraete
Au mirouër

Cito
Cito

A Brusselles
Payes le port deux patars

Commentaire

Les lettres de Plantin présentant un contenu aussi personnel sont rares. Dans les lettres à Gabriel de Çayas et à Arias Montano, il parle régulièrement de sa famille et de ses amis ; cette lettre parle de lui-même et de sa mort, qui lui paraît imminente. La syntaxe de la deuxième phrase, qui se caractérise par une accumulation de phrases subordonnées (« Car dautant que de iour […] et ceiourdhuy de iour environ les 10.heures que ie pensois bien passer de ceste presente vie a leternelle »), semble refléter le manque de souffle et l’anxiété qui assaillent l’imprimeur. On notera également que Plantin évoque la mort à plusieurs reprises (« rendre lesprit », « passer de ceste presente vie a leternelle », « mon trespas »).

4. Conclusion

Le présent article fait état des recherches menées jusqu’à présent sur une lettre de Christophe Plantin inédite jusqu’à ce jour. Des recherches plus approfondies devraient être menées afin de préciser l’historique de cette lettre et sa place particulière à la fin du XIXe siècle, au moment où Ferdinand de Renette l’aurait choisie. Au-delà de son caractère strictement personnel, la lettre ici présentée est un document de grande valeur parce qu’elle évoque et approuve clairement la succession de l’imprimerie à la génération suivante, celle de Jan Moretus.

 

Valérie Leyh et Pierre Assenmaker, octobre 2020

1 Correspondance de Christophe Plantin, éditée par Max Rooses et Jan Denucé, Anvers 1883-1920. Réimpression en 1968. (Édition citée CP par la suite.)
2 Supplément à la correspondance de Christophe Plantin, publié par Maurice Van Durme, Anvers 1955, p. 7.
3 Ibid., p. 8.
4 Dirk Sacré et Jeannine De Landtsheer : The correspondence of Thomas Stapleton and Johannes Moretus : an additional letter, in : Humanistica Lovaniensia. Journal of Neo-Latin Studies 28 (1999), pp. 273-283.
5 Jeannine De Landtsheer : « Die wereldvreemde proffen van Leuven in hun ivoren toren ». Een vergeten brief van Nicolaas Oudaert aan Christoffel Plantijn, in : De Gulden Passer 87 (2009), pp. 31-52.
6 Cf. à ce sujet : Jan Materné : Archivering rond de eeuwwisseling : de vroegste inventarisatie van het Plantijns archief (1876-1926), in : De Gulden Passer 69 (1991), pp. 181-199, ici p. 185.
7 J. Denucé : Inventaris of het Plantijnsch Archief/Inventaire des Archives Plantiniennes, Anvers 1926, pp. 19-20. URL : https://www.museumplantinmoretus.be/sites/plantinmoretus/files/Inventaris_Plantijnsch_Archief.pdf (dernière consultation : 13 septembre 2020).
8 « The curator was not interested in all the documents of the collection and thought some of them not even worthy of copying. » Sacré/De Landtsheer 1999, p. 273.
9 Description dans le catalogue : « Collection of letters addressed to Christophe Plantin and various members of the Moretus family and some other documents taken out of the archives by the last son in law of the last Moretus just before the opening of the Museum Plantin-Moretus in Antwerp. These letters were bought by the Royal Library of Belgium in 1973 from baron Ferdinand de Renette, descendant of this last son in law. » https://opac.kbr.be/Library/doc/SYRACUSE/17231379 (dernière consultation : 13 septembre 2020).
10 Cf. ses propos dans cet article de 2007 sur les acquisitions du Musée Plantin-Moretus en 2005-2006 : « Men zou het niet verwachten, maar soms duiken archiefdocumenten uit de collectie van de Moretussen toch nog te koop op. Net vóór de verkoop van het Plantijnse huis aan de stad Antwerpen schonk Edward Moretus een groot aantal stukken aan zijn neef, baron Ferdinand de Renette, als dank voor zijn hulp bij het opruimen van alle documenten die over het huis verspreid lagen. Na diens dood in 1947 geraakte de collectie verspreid in privé-bezit. Een groot aantal brieven van correspondenten van de Moretussen kocht de Koninklijke Bibliotheek van België aan (Ms. m 1483), terwijl enkele jaren geleden het Museum Plantin-Moretus zelf een aantal brieven uit deze collectie kon aankopen van de dochters van Plantijn en hun familie en van leden van de familie Moretus. » Dirk Imhof : Aanwinsten van oude drukken en archieven voor het Museum Plantin-Moretus in 2005 en 2006, in : De Gulden Passer 85 (2007), pp. 175-179, ici p. 175.
11 Les informations sont les suivantes : « Antiquariaat Wim de Goeij, 13 maart 1996: mappen B(e), B(g), en B(h); Eric Speeckaert, 11 december 1996: mappen A(c), A(d), B(a), B(b), B(i), en B(k); Eric Speeckaert, 24 februari 2006: map C(f); Veiling The Romantic Agony, 20 november 2015: mappen A(a)2-3, A(b), C(b), C(d), C(g) ». URL : https://anet.be/isadtree/mpm/opacmpmisad/isad:mpm:336 (dernière consultation : 13 septembre 2020). Les lettres A, B, C font référence aux différents types de dossiers : la lettre A renvoie à la famille Plantin, la lettre B à la famille Moretus, la lettre C aux familles apparentées. Il s’agissait du classement de Ferdinand de Renette.
12 Cf. Léon Voet : The Golden Compasses. The History of the House of Plantin-Moretus, Amsterdam/London/New York 1969-1972, 2 vol. Ici vol. 2, p. 335.
13 Cf. la lettre de Christophe Plantin à Gabriel de Çayas du 4 novembre 1570 dans laquelle parle de ses deux beau-fils, Franciscus Raphelengius et Jan Moretus : « Et ainsi ay je (grâces à mon Dieu qui me donne ceste faveur) deux autres moy-mesmes aux deux principaux points de mon estat : le premier pour l’imprimerie à la correction, et le second en la boutique pour nos comptes et marchandises. » CP 2, lettre 251, p. 175.
14 CP 8-9, lettre 1181, p. 106. D’après le commentaire de cette lettre, seules les dernières lignes sont de la main de Jan Moretus.
15 CP 8-9, lettre 1179, p. 103.
16 Cf. Inventaris of het Plantijnsch Archief/Inventaire des Archives Plantiniennes, n° 1183, 2 : « Privilège d’imprimeur du 27 févr. 1587; serment fait le 16 mars 1590 ». Cf. aussi Voet 1969-1972, vol. 1, p. 120: « For many years, Plantin has been afflicted with calculus and colics. The pains grew worse with advancing age, and the economic depression must have undermined both his moral and physical powers of resistance. From 1586 he was a mere shadow of what he once had been. Jan Moretus had to take on an ever-increasing share of the management of the business. Precautions were taken: Moretus obtained the necessary royal patent on 27th February 1587 so that he could immediately assume responsibility for the officina if Plantin were to die suddenly. »
17 Cf. Ph. Rombouts et T. van Lerius : De liggeren en andere historische archieven der Antwerpsche Sint Lucasgilde/Les liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Sint Luc, Anvers 1864, volume I, p. 295.