Carrés de couleur

M. Fabii Quintiliani Oratoriarum institutionum libri duodecim, summa tum diligentia, tum iudicio, ad uetustissimorum quorumque exemplariorum fidem recognoti, additis simul eiusdem declamationib. non minus iucundis quam utilibus

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Quintilien est le premier enseignant rémunéré sur deniers publics. Nommé professeur de rhétorique par Vespasien, il entreprit de former une élite intellectuelle sur le modèle de l’orator tel que l’avait défini Cicéron : un homme instruit, habile à penser et à s’exprimer oralement et par écrit, capable, grâce à son éducation à la philosophie morale et politique, de se gouverner soi-même pour être en mesure de servir au plus haut niveau de l’État. Quintilien rédigea un manuel en douze livres destiné à former les jeunes gens à l’art de la rhétorique : l’Institution oratoire.

Quel rapport avec Tite-Live ? La réponse est simple : la vaste œuvre littéraire cicéronienne avait laissé un terrain en friche, celui de l’histoire, à laquelle Cicéron n’avait pas eu le temps de se consacrer mais dont il avait souligné tout le bien moral que « l’honnête homme » pouvait en tirer. C’est Tite-Live qui accomplit le dessein cicéronien d’une histoire de Rome racontée pour exalter la grandeur romaine, célébrer les vertus de ses héros et offrir à la postérité des leçons de vie.

Dans le projet humaniste de Quintilien, l’historien padouan était donc un complément idéal du modèle par excellence qu’était Cicéron, d’autant plus qu’il avait enrichi le répertoire latin d’une prose narrative aussi brillante et ample que l’avait été la prose oratoire cicéronienne – sans oublier les nombreux discours liviens, qui assurèrent une place de choix à Tite-Live parmi les auteurs classiques de la tradition scolaire.


Patrick Marchetti


> Le commentaire complet se trouve dans le catalogue papier Tite-Live, une histoire de livres

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