Carrés de couleur

Topo-bibliographie de la province de Namur : introduction aux études historiques, archéologiques et folkloriques du Namurois

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C’est une nécessité qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pousse Émile Brouette (1910-1980) à entreprendre une Topo-bibliographie de la Province de Namur : « celle de doter les chercheurs locaux du Namurois d’un manuel bibliographique susceptible de les dispenser de recherches longues, fastidieuses, vaines parfois » (p.5) ; ses pensées vont particulièrement aux francs-tireurs, souvent éloignés des grands centres de documentation. En vérité l’historiographie provinciale s’était développée de manière sensible depuis les années 1860, décennie à laquelle le chanoine François-Désiré Doyen avait limité les relevés de sa Bibliographie namuroise ; la parution d’un outil à jour tombait à point nommé pour accompagner et stimuler la reprise de travaux forcément freinés par cinq années de conflit.

A la différence de son prédécesseur, qui accueillait dans ses listes chaque titre touchant de près ou de loin à l’entité namuroise ainsi que l’intégralité des catalogues des éditeurs locaux, Brouette s’adresse d’abord et avant tout à ceux qui se proposent d’ausculter le passé et le patrimoine de la province. En conséquence, il écarte systématiquement les publications sans lien direct avec ces préoccupations. L’auteur laisse également de côté sources, études générales et biographies : il prévoit de leur consacrer un volume à part qui, avec celui-ci, constituera une solide « Introduction aux études historiques, archéologiques et folkloriques du Namurois » – le projet, toutefois, restera inabouti. Par ailleurs, Brouette s’attache à concevoir un instrument de travail pratique, permettant de situer rapidement l’information recherchée. Abandonnant la méthode purement chronologique de Doyen, il distribue entre les communes qu’elles concernent, classées par ordre alphabétique, les quelque 3000 références repérées – monographies, thèses et mémoires inédits, articles localisés dans plus de 150 revues, collections et journaux. Il prendra soin d’adjoindre au répertoire une table des auteurs dont la rédaction a été confiée à Georgette Istace, étudiante en philosophie et lettres.

Il est probable que l’ensemble des titres situés entre 1800 et 1860 ait été puisé directement dans les deux derniers volumes de la Bibliographie namuroise mais, pour l’essentiel, c’est un patient dépouillement des fichiers des principales bibliothèques bruxelloises, de ceux du Museum Artium de Namur (dont est issue l’actuelle Bibliothèque universitaire Moretus Plantin), de la bibliothèque de l’université d’Etat de Liège, de la Bibliothèque Mariale de Banneux et du centre Pro Maria à Beauraing qui permettra à Brouette d’identifier les contributions postérieures.

L’ouvrage, c’est un fait, a pris de l’âge. Bon nombre des publications qu’il recense n’ont cependant pas été renouvelées à ce jour. Partant, et en dépit des quelques lacunes qui ont pu y être pointées, la Topo-bibliographie de la province de Namur conserve toute son utilité pour le chercheur en histoire du Namurois.

 

Antony Smal
Mai 2015
Université de Namur – UNamur

 

Pour en savoir plus

- Compte rendu de S. J. De Laet dans L’antiquité classique, vol. 16-2, Bruxelles, 1948, p. 442.

- J. Jadot, NécrologieÉmile Brouette, dans Revue belge de numismatique et de sigillographie, t. CXXVI, Bruxelles, 1980, pp. 265-266.

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